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L'immobilier grimpe toujours, mais moins vite

05 octobre 2006 - source Le Figaro

L'atterrissage en douceur» prévu depuis des mois se fait enfin sentir.

On est encore loin du « retournement » prédit par certains observateurs sur le marché de l'immobilier français. Mais la tendance semble amorcée, confirmée par le léger recul des prix observé pendant l'été.

L'immobilier a entamé au deuxième trimestre 2006 un « atterrissage en douceur », selon la Chambre des notaires. Très en douceur. Si les prix, dans l'ancien comme dans le neuf confondus, progressent moins vite, ils ont quand même augmenté de 12,6 % en rythme annuel contre + 14,8 % au premier trimestre, selon l'indice Insee-Notaires publié hier.

Si l'évolution est similaire dans toute l'Île-de-France, le ralentissement est moins marqué à Paris même. La capitale fait toujours figure d'exception avec une hausse de 2,2 % au deuxième trimestre contre 2,8 % au premier semestre. En petite couronne, la hausse des prix freine plus nettement (+1,6 % contre + 4 %). Ces indicateurs laissent penser « que l'on s'achemine vers une progression annuelle des prix à un seul chiffre sur l'ensemble de l'année 2006 », pronostiquent les notaires.

Encore des sommets

L'ancien n'échappe pas à la tendance. Sur l'ensemble du territoire, « le ralentissement de la hausse est ancré dans le marché », a confirmé hier le président de la Fnaim. Le rythme annuel de progression des prix s'établit désormais à 7,6 %, contre plus du double (+15,5 %) en 2004. « C'est la troisième fois cette année que l'on constate un léger recul », ajoute René Pallincourt, qui table pour 2006 sur une augmentation des prix de 6 % à 7 %.

À Paris, le prix des appartements anciens a enregistré, au 30 juin, une croissance annuelle de 12,5 %, contre 13,7 % un trimestre plus tôt. La modération de la hausse des prix se retrouve dans la plupart des métropoles de province. Même si « la pression sur les prix semble davantage se relâcher dans les villes situées plus au sud », comme Biarritz (+5 % du prix au m² par rapport au troisième trimestre 2005) ou Marseille (+ 6,7 %). Au nord, la palme revient à Lille avec une progression de près de 15 %...

Malgré tout, le niveau des prix atteint encore des sommets. La « hausse reste forte », relève l'Insee. Depuis le quatrième trimestre 2000, les prix - dans l'ancien comme le neuf - ont, en effet, augmenté de 87 %... «Alors qu'à la fin des années 1980, la hausse des prix était due pour l'essentiel à ceux pratiqués en Île-de-France et sur la Côte d'Azur, aujourd'hui, elle est répartie sur tout le territoire », analyse Alain Jacquot à l'Insee. Dans l'Essonne, par exemple, les prix des appartements anciens ont enregistré une augmentation de 22,4 % en un an... Dans le même temps, en raison de la pénurie de logements, l'écart des prix entre le neuf et l'ancien s'est réduit au cours des dix dernières années.

Reste que compte tenu de « la souplesse dont continuent à faire preuve les banques en matière d'octroi de crédits immobiliers » et le « bas niveau des taux d'intérêt », les notaires français ne semblent pas s'en faire pour la santé du secteur.

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