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Immobilier : les notaires ne croient pas à la pause

19 janvier 2006 - source Lefigaro.fr

TENDANCE En 2005, les prix de l'ancien ont augmenté de 16,2% pour les appartements et de 13,4% pour les maisons. Dans leur étude annuelle, les notaires se gardent de prédire si les prix s'assagiront en 2006.

SEPT ans de hausse ininterrompue... Le marché de l'immobilier a-t-il, enfin, atteint son haut de cycle ? «La décélération tant attendue se produira inévitablement, à un moment ou à un autre», note Pierre Lemé, notaire et porte-parole du Conseil supérieur du notariat lors de la présentation de l'étude annuelle sur toutes les ventes conclues dans le pays. Prudent, il estime «fort improbable qu'elle donne lieu à un retournement complet et durable du marché». En fait, les notaires ont des appréciations divergentes de l'avenir.

En tout cas, les conditions pour éviter une retombée brutale semblent réunies : la demande de logements reste très supérieure à l'offre, les taux d'intérêt sont historiquement bas et l'allongement de la durée des crédits «resolvabilise» une partie des acquéreurs. L'immobilier reste donc, selon les notaires, une «valeur sûre» qui «constitue plus que jamais un moyen de sécuriser sa retraite». Les Français qui ont fait le pari de la pierre l'an dernier n'ont pas à le regretter. En 2005, les prix de l'ancien ont augmenté de 16,2% pour les appartements et de 13,4% pour les maisons, sur l'ensemble du territoire. Ces moyennes cachent bien sûr des disparités. Lyon, par exemple, est passée du cinquième au deuxième rang des villes de province les plus chères. De même, Marseille s'est hissée dans le trio de tête, détrônant Strasbourg et Dijon.

Les Français iront dans le Sud

«Le recensement Insee de 2004 démontre une forte mobilité de la population», souligne Pierre Lemé. Entre 1999 et 2004, 3,8 millions de personnes ont changé de région. Quant au cabinet d'études Bipe, il prévoit que d'ici à 2010, 7 millions de Français auront changé de résidence par rapport à 1999. Ils iront de préférence dans le Sud et l'Ouest. Pour le moment, le Havre et Saint-Etienne restent parmi les villes les plus accessibles (avec des prix de 1 550 Euros/m2 et 980 Euros/m2), en dépit d'une forte progression sur un an (+ 19,2% et + 21%). Nice, au contraire, reste la deuxième ville la plus chère de France, loin derrière Paris. La capitale vient de franchir, pour la première fois, le seuil de 5 000 euros par mètre carré (3 784 Euros/m2 pour l'Ile-de-France). Les prix ont progressé de 15% en moyenne sur les neuf premiers mois de 2005 et jusqu'à 22,4% dans le Xe arrondissement. Désormais, le prix moyen au mètre carré se situe à 7 829 euros dans le VIe arrondissement, contre 3 931 euros dans le XIXe. Des agents immobiliers comme des notaires commencent à penser que les prix devraient enfin s'assagir dans les arrondissements où ils ont le plus augmenté.

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